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Le skateboard, c'est de la dégradation, mais bien plus que ça !

Depuis qu'on est de nouveau dehors dans la rue pour filmer notre nouvelle vidéo, on recroise toutes sortes de gens dont l'avis sur le skateboard est plutôt intéressant !

Une grande idée fausse, c'est que le skateboard serait si dangereux pour les autres passants. Rapporté à l'ensemble, c'est évidemment notre propre risque qui est bien plus élevé. Combien de fois quelqu'un s'est tordu la cheville en skatant ? Et à côté de ça, combien de fois j'ai vu un passant vraiment se blesser… Hmm… C'est sans doute comme le nombre de blessés en avion comparé aux motards. Donc rayons ce point. On fait attention à nos semblables et c'est sûrement bien plus dangereux pour nous que pour eux…

Autre accusation : le tapage ! D'abord, on vit dans une ville. Une ville est bruyante la journée et a beaucoup, beaucoup d'inconvénients. Je respire les polluants des voitures des autres, j'entends les conversations de mes voisins, j'entends le bruit des bars, mais j'aime vivre en ville. Parce que je veux vivre des choses. Et la journée, un certain niveau sonore devrait être supportable. D'autant que ce n'est pas toute la journée quand on filme vite fait un trick devant un immeuble.

Point 3, c'est évidemment le dégât matériel !
Et là commence une question difficile à laquelle on se confronte tous les jours. Disons d'abord qu'en général relativement peu de choses cassent (en tout cas dans leur fonction). De la couleur et de la saleté, ça peut arriver, évidemment. La wax aussi, ça se voit. Mais beaucoup de spots qui ne sont plus skatés pendant un moment retrouvent leur état d'origine après quelques semaines. Du moins quand c'est de la pierre.
Mais le vrai point, c'est que nous les skateurs on ne veut pas casser les spots, on veut juste rendre le terrain urbain utilisable.
Beaucoup d'architectes et d'artistes se réjouissent même de cette autre utilisation de leurs constructions. Des monuments et des places qui sinon restent souvent en friche prennent ainsi un tout autre sens pour la jeunesse et reçoivent même souvent beaucoup plus d'attention médiatique, ce qui sert éventuellement leur vrai but. À savoir le souvenir et l'hommage.

Mais pourquoi une telle utilisation existe-t-elle alors que les municipalités font tout pour sortir les skateurs de la rue et les mettre dans des installations aménagées où ils se sentent souvent enfermés et mis à l'écart ?

Le skateboard n'est évidemment pas seulement un sport. La rébellion naturelle de la jeunesse rencontre un sport guidé par l'art, la vie et l'inspiration. Il s'agit de style, de légèreté et de créativité, que chaque skateur doit trouver pour lui-même. C'est pour ça qu'il faut sans cesse emprunter de nouveaux chemins. On ne peut pas toujours skater seulement un skatepark, un terrain d'entraînement le plus souvent figé. Ça devient infiniment ennuyeux d'y refaire toujours les mêmes tricks sur les mêmes obstacles. On a besoin des défis de la rue. Les passants qui défilent, les gens de la sécurité, simplement le frottement sur le spot imparfait qui n'est pas construit pour le skate.
C'est ça, le vrai défi. Le couronnement d'un trick. Le fait d'avancer pour soi-même.
Seulement, comment concilier ça avec le reproche de dégradation ?
Chaque skateur le fait pour lui-même. Tant que les skateparks ne peuvent pas offrir tous ces facteurs, il n'y a sans doute pas de porte de sortie pour notre sport.
Alors il faut qu'on s'arrange… et qu'on vive avec le fait de casser parfois quelque chose par accident.
Heureusement, il y a dans une ville assez d'espace libre qui n'appartient à personne en particulier, donc ça marche aussi sans destruction volontaire.
Comme dit, dans la plupart des cas on salit juste un peu quelque chose. Même si ça ne plaît peut-être pas à 100 % à la collectivité, il y a dans une société beaucoup de choses de ce genre. Les gens qui font des barbecues et salissent tout, les fêtards qui jonchent nos rues de tessons de verre, les automobilistes qui polluent l'air et brûlent des matières premières, tous les gens qui contribuent au réchauffement climatique etc. etc.
On est une société qui fait sans égards, ou peut-être avec très peu d'égards, beaucoup de choses qui nuisent aux autres.
C'est pour ça que nous, les skateurs, on devrait choisir avec discernement ce qu'on peut et ce qu'on a le droit de skater. Mais le skateboard reste un sport qu'il faut supporter. Peu d'autres sports produisent autant de créatifs, qui voient le monde avec d'autres yeux et le rendent ensuite plus beau.
Peu d'autres sports font naître des tendances de mode qui nous adoucissent la vie ou font juste battre plus fort notre cœur bavarois de médisants.
Et là j'en viens à la bière. Pourquoi une brasserie a-t-elle le droit de brasser de la bière en plein Munich, au point que ça pue ?
Parce qu'il faut vivre avec : c'est notre tradition, et c'est très bien comme ça !
Le skateboard rend tolérant et prépare beaucoup, beaucoup de jeunes à la vie.
Quoi qu'il en soit… On ne veut nuire à personne ni embêter personne, mais le skateboard fait partie de notre culture comme le football par exemple en fait partie, et là aussi il faut vivre avec les effets secondaires… Métros bondés vers le stade, jeunes bourrés qui gueulent, gens qui pissent dans les coins etc.
Tout ce qui est bien a aussi ses côtés sombres.
On ne peut pas tout changer.
On s'excuse par la présente auprès de tous ceux qu'on embête, et aussi au cas où quelqu'un aurait un jour subi un dommage personnel.
Mais on promet d'être tolérants et d'approuver beaucoup de choses qui ne sont pas notre truc personnel.
On change un peu notre société et on en est contents !
- Nous tous, les skateurs -

Skateboarding for life!